lundi 16 novembre 2009

C'est un poupon qui dit non...

Personne n'est étranger à cette fameuse phase de l'enfance, appelée par les professionnels et les parents 68-ards bobos, "phase d'opposition".

Je ne vais pas m'étaler, donc, sur les caractéristiques et explications psycho-linguistiques de cette période importante, certes, pour l'épanouissement de l'enfant, mais hyper chiant (appelons un "cat" un "cat") pour les pauvres parents à bout de nerfs que nous devenons au bout du trente-sixième NON de la minute.

Et oui, c'est officiel! Florian a franchi la frontière du pays du Non cet été, sans même faire une demande de visa au préalable auprès du consulat le plus proche (nous, les parents).

Ses nons ne sont jamais isolés. Ils prennent plusieurs formes :

1. Le NON absolu : souvent accompagné d'une moue boudeuse comme dans la photo ci-dessous,

ou répété à la chaîne, quand il n'est vraiment pas d'accord, et ponctué par un ou plusieurs signes d'exclamation. C'est le "non!" non-négociable, pour lui comme pour nous, vociféré au moment du change, par exemple.

2. Le NON minot : Souvent prononcé /nan/, il vient toujours seul, jamais mécontent, souvent en réponse à une interrogation ("Tu veux boire ?"), et non à une requête ("Viens mettre de chaussures."). En gros, il ne s'oppose pas vraiment car il a le choix d'accepter ou de refuser, et les deux options sont admissibles.

3. Le NON explicatif : Ne nous voilons pas la face, il ne rentre pas du tout dans les détails, ni dans la dentelle. L'explication est toujours, et sans exception : "Ne veut pas." (Note: "veut" est prononcé /beu/), en repoussant l'objet du refus, jusqu'à son retrait total par un des parents, et toujours avec la moue boudeuse du non absolu.

4. Le NON provocateur ou espiègle : Toujours avec le sourire, le but étant de refuser tout en charmant, ou en tout cas de montrer qu'il n'est pas d'accord. En insistant un peu, on le fait céder sans colère (de notre part, comme du sien). C'est le non du dodo: "Florian, il faut faire dodo maintenant."

5. Le NON vide : Il dit non juste pour dire non, mais il ne veut rien dire. Illustration : "Florian, tu veux manger ?" "Non." Et Florian d'ouvrir la bouche...

6. Le NON juron (si, si) : Toujours en réaction à une bêtise (avec ou sans l'intention de la commettre). "Ah, non!"; sera sûrement bientôt remplacé par "fais ch***" si son papa n'apprend pas à s'auto-censurer (non, ceci n'est pas un règlement de compte).


Oui, je l'avoue, la phase négationniste de mon fils me fait parfois sortir de mes gonds, mais ne me fait jamais douter de ma ferme conviction que la fessée ne sert à rien (ah, question d'actualité) et que lui hurler dessus ne résoudra rien du tout non plus.

Il y a toutefois une loueur d'espoir, une lumière au bout du tunnel du non, car, depuis ce weekend, Florian commence à dire OUI.

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